Nous sommes dans les années 1980, dans la province du Transvaal, au nord de l’Afrique du Sud. La région est verte, pleine de vie. Ici, Parcs Nationaux et de réserves naturelles domine la vallée. La verdure côtoie les zèbres et éléphants en parfaite harmonie.

L’une des espèces présentes, l’antilope koudou, est élevée dans les différents ranch afin de servir de gibier à la chasse de l’année. C’est cette même antilope qui, bientôt, va mettre en lumière la région. Le triste récit qui suit nous rappelle les lois intransigeantes de la nature et de la chaine alimentaire. Qui aurait pu imaginer que le végétal prenne un jour le pas sur l’animal ?

Dans ces réserves, les antilopes herbivores ont pour principale alimentation les grands acacias qui recouvrent le territoire. Ces arbres, comme souvent chez les végétaux, laissent sagement les antilopes se nourrirent de leurs nombreuses feuilles, prenant ainsi place dans la chaine alimentaire. Tout ce beau monde cohabite paisiblement. Mais voilà, au début des années 1980, les antilopes commencent à se reproduire en masse. Plus nombreuses, elles sollicitent naturellement de manière plus intensive les différents acacias dans le but de se nourrir.

Un beau jour, les éleveurs sont témoin d’un sombre spectacle. Ils découvrent leurs bêtes, plus de 2000 au total, mortes, sans blessures, et sans prédateurs. Nombreuses sont tout simplement mortes de faim… l’estomac rempli.

Le corps scientifique s’empare de l’affaire. On essaie de comprendre le phénomène, on réalise des tests, des autopsies, on apportent des théories, on fouille le territoire. La biologie se mêle au polar.

Soudain, ils font une découverte remarquable, dépassant les lois connues de la Nature. Le tueur en série est… un végétal.

Les acacias ont réussi à faire basculer l’ordre naturel de la chaine alimentaire. Sur-sollicités par les bêtes, ils ont réussi en quelques minutes seulement, à faire grimper jusqu’à un niveau léthal, le taux de tanin dans leurs feuilles. Ce ne sont pas moins de 2000 antilopes koudous qui seront décimées par les arbres. Anecdote commune me direz-vous… l’histoire ne s’arrête pas là !

Tout d’abord, les acacias tueurs ont réussi à réduire leur taux, avant que les tests ne soient effectués sur eux, comme pour masquer leurs culpabilité. Ensuite, partout dans le secteur, d’autres acacias, qui ne côtoient pas les antilopes et ne subissent pas de sur-consommation de leurs feuilles, mettent eux aussi en place ce système de défense.

La communication entre les végétaux, à cette époque, relève encore du fantastique. Pourtant les faits sont là, des acacias présents à plusieurs kilomètres des faits, augmentent leur teneur en tanin de manière mortelle. C’est le zoologiste Wouter Van Hoven qui réalisera les premiers écrits à ce sujet. Au delà de leur racines, les arbres ont en effet la capacité de communiquer entre eux par l’air, et dispersant de l’hétylène, un hydrocarbure insaturé. Ce dernier vient se greffer sur d’autres arbres afin qu’ils puissent adapter leur code génétique en fonction des potentielles menaces. L’Homme se rend soudain compte que le végétal pense, se défend, et communique.